En juin 2023, nous avons relaté les retours (commentaires, mails, ...) les plus intéressants qui nous ont été faits sur les actions et réalisations APB : le retour le plus fourni, cumulant parcours de chemins APB et hors-piste style "Corse sauvage" était celui de Charles Caudrelier avec ses aventures 2022-2023 (HR31 - GR20 - Radichedda, ravin de Figa et traversée originale des arêtes S et SE de Punta Buvona, PR7 - Castedducciu - HR12, Giru di Ferru, ravin de Frassiccia - cf. le document pdf recensant nos échanges 2022-2023) !
Et bien, le "touriste" en question a récidivé début juillet avec la reprise d'un de mes itinéraires du Haut-Cavu, le ravin de Velacu intégral !
Intégral signifie aller jusqu'au bout de ce ravin, c'est à dire au Tafonu di u Cumpuleddu en remontant non seulement la partie initiale facile (zone des carbunari) à partir des caseddi d'Aragali, mais surtout la partie haute et raide de ce ravin au-dessus de la cascade de 30m initiale... C'est ce que j'avais appelé, en langage de touriste, le "Trou de la Bombe à l'envers" qui demande quelques compétences d'escalade !
Voici donc un article donnant quelques détails de ce nouveau parcours, assortis des comparaisons photos avec ma remontée de 2012 (cf. échanges de mails 2026) !
L'approche
La comparaison avec la montée "Corse sauvage" de 2012 est effectuée ci-dessous sur la base de l'article du blog du 20/10/2012 : Ravin de Velacu intégral (ou le Trou de la bombe à l'envers !)
L'approche de Charles et de son fils Victor (11 ans) a été effectuée depuis Ranuchjaghja, ce qui rajoute, à vue de nez, 1h15 de marche par rapport à notre départ au parking de la vasque-cascade de Sainte-Lucie : piste RG du Cavu, piste de Mela/Lora, HR21 et HR22 jusqu'à la confluence (caseddi). En compensation, nous n'avions à l'époque AUCUN chemin pour progresser, toute la remontée jusqu'à la confluence Velacu/Carciara ayant été effectuée DANS le lit des ruisseaux (sauf le petit tronçon HR21 découvert à l'époque entre le Pinu Neru et la brèche) et sans aucune information sur les difficultés/obstacles à part que cela vait déjà été fait (Charles Pujos)...
Les horaires : 3h pour la confluence Velacu/Carciara pour Charles, 2h15 pour le parcours 2012 (à noter les erreurs de l'époque : dénomination de Velacu au lieu de Carciara entre les deux confluences et dénomination de Paliri pour la branche haute du Carciara vers le GR20).
La remontée du ravin du Velacu
Le début du Velacu est assez aisé depuis la confluence jusqu'à rencontrer la cascade de 30m où le ravin devient extrêmement raide.
La cascade
Nous avions essayé sans corde une montée exposée directe sur la RD de la cascade avant de rebrousser chemin après rencontre d'éboulis dangereux. Puis nous avions fait marche arrière pour emprunter une vire peu visible à l'entrée du canyon permettant d'atteindre la rampe aboutissant au sommet de la cascade.
Pour Charles, en le citant :
J'ai pris des dalles moutonnées en III bien avant le laricio, ensuite cela traverse sur un plan incliné végétal, on finit sur une dalle striée qui ramène à l'aplomb de la cascade, et on sort par un pas en écart. La dalle était clean, ni ruissellement ni poussières. Ce passage m'a semblé plutôt aisé et modérément exposé.
Les dalles noires
Dans cette partie, le ruisseau est presque vertical avec des dalles noires et humides qui empêchent toute escalade. La solution, adoptée dans les deux cas, consiste à les contourner par la RG (à droite) via un pas de bloc exposé dans un ressaut rocheux, puis une courte montée dans un couloir terreux et végétal avant de revenir à gauche par une vire dans le ruisseau au-dessus de la partie raide des dalles noires. En 2012, nous étions montés trop haut dans le boyau avant d'être obligés de redescendre pour trouver le passage de la vire.
Pour Charles, en le citant :
Elles viennent vraiment 3min après la sortie de la cascade. Le contournement par la RG est la seule option envisageable, le haut ne se devine pas depuis le bas et il faut passer le ressaut initial. J'ai compris immédiatement où vous étiez passés en fissure/diedre: coincement en main gauche/pied gauche, pied droit dans la dalle de droite, la sortie est assurée lorsqu'on parvient à trouver le bac clef main gauche sur le bloc. En terme de grimpe pure, c est à mon sens le passage clef du parcours, même s'il n'excède pas 4m. La sortie est effectivement à trouver en montant sur 20m (marche), puis en contournant un angle rocheux à main gauche, ce qui ramène sur une vire et les dalles finales peu inclinées. A la fin de cette seconde partie, on peut faire relais sur un petit chêne, ça passe avec 20m de corde.
Entre les dalles noires et le virage à gauche du Velacu
Au-dessus des dalles noires, le ravin est nettement moins raide et largement ouvert. C'est dans ce secteur, avant le virage à gauche du ruisseau, que nous sommes tombés sur un spit de canyoning.
La partie forestière sous couvert végétal
Après le virage, c'est une montée toujours aussi raide, mais dans un lit en auge étroit, encombré de gros blocs rocheux et couvert d'un toit de branches de laricii et de chênes-verts.
Pour Charles, en le citant :
Plus loin, un énorme bloc obstrue le ravin. Le passage RD ne paraît pas envisageable. RG, un ressaut terreux raide encombré de quelques ronces et de modestes arbustes semble être la seule solution. Passage pénible, la terre ne tient pas, les maigres arbustes sont des aides précaires à la progression.
(Je ne me rappelle pas ce passage, mais il se peut que ce bloc soit tombé dans l'intervalle de 14 ans entre les deux montées ?)
La suite de la progression m'a paru longue sans point de repère caractéristique. On identifie à un moment le défilé final du ravin mais on perd vite le visuel en raison du couvert forestier. On laisse un affluent alimenté en eau sur la droite, et on avance sans difficulté majeure, il y a au maximum 2 contournements RG. Nous avons dérangé 2 belles couleuvres, j'ai failli poser la main sur la première, lovée sur une dalle.
Le bloc coincé final
A un moment, on sort du couvert végétal et on a l'impression de voir la fin du ravin et d'être bientôt arrivé. Mais des surprises attendent encore les aventuriers avec d'abord un premier ressaut épuisant, puis, surtout, un énorme bloc coincé empêchant a priori tout contournement. Heureusement, on peut passer SOUS le bloc et escalader sa face arrière qui permet de le surmonter par une petite longueur de 20/25m en RD...
Pour Charles, en le citant :
Le bloc coincé final est à 30min de la fin du parcours. Une fois sous le bloc, mon fils m'a incité à prendre la bonne option à savoir: prendre une rampe oblique RD qui ramène sous la lèvre du toit, et effectuer alors un rétablissement sur la dalle sommitale. Ça fait 5m, le réta est un pas de IV. A noter: un relais 5m au-dessus, 1 point "historique" et 1 spit neuf.
Il y a donc sans doute d'autres remontées nons répertoriées (aucun piton en 2012) !
Final et horaires
Après le bloc coincé, toujours une pente raide, mais plus de ressauts. En 10 minutes on atteint le bas du couloir terminal qui amène dans le cumpuleddu, au milieu des touristes en période estivale !
Pour Charles, en le citant :
La fin vient ensuite rapidement, modulo 2 traversées de ronces, heureusement on bénéficie du passage des chamois/mouflons.
Les horaires : le ravin en 3h15 depuis la confluence Velacu/Carciara pour Charles, 3h30 pour le parcours 2012 (en incluant 30mn de pause déjeuner dans la partie forestière).
Au total : on doit pouvoir le faire aisément en 5h en faisant l'approche en 4x4 et avec les HR21/22 avant de se lancer dans les 670m de dénivelé sur 1.710m de distance du ravin depuis la confluence Velacu/Carciara !
L'équipement : corde de 18m (en 9mm ?) + 3 sangles/mousquetons pour Charles, 40m de cordelette de 7mm + 3 dégaines pour le parcours 2012.
Le diaporama complet de la remontée intégrale du ravin de Velacu :

Cliquer sur la photo ci-dessus pour visualiser le diaporama


















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